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La jeunesse dans la gouvernance de l'eau
LE CONSTAT
La jeunesse est sous-représentée dans la gouvernance de l'eau, en France comme à l'étranger
Les instances de l'eau réunissent l'État, les collectivités, les usagers économiques et les associations. La jeunesse, elle, n'y figure presque jamais en tant que telle. Ce sont pourtant les jeunes générations qui subiront les effets du changement climatique — et donc les conséquences des arbitrages qui se prennent actuellement sur la ressource.
Peu de sièges, peu de voix
Dans la plupart des instances de l'eau — nationales, de bassin ou internationales — aucun siège n'est réservé à la jeunesse. Quand une place existe, elle est souvent unique et sans voix délibérative.
Une participation ponctuelle
Les jeunes sont invités pour un temps fort, une audition ou un événement parallèle, rarement associés au travail continu : préparation des dossiers, arbitrages, suivi des décisions.
Un décalage de temporalité
Les schémas et programmes adoptés aujourd'hui engagent l'eau pour plusieurs décennies. Celles et ceux qui en subiront les effets les plus longs ne sont pas dans la salle quand ils se décident.
DES BRÈCHES EXISTENT
Là où la jeunesse a trouvé sa place
Le constat n'est pas une fatalité. Depuis quelques années, des instances ont ouvert leurs portes à des jeunes — et cela fonctionne. Ces expériences montrent qu'une représentation organisée de la jeunesse enrichit le débat plutôt qu'elle ne le ralentit. Ces brèches existent : elles doivent s'élargir.

Le Parlement Français des Jeunes pour l'Eau
Une instance nationale, composée de jeunes de tous les territoires, qui délibère, produit des avis et porte une parole collective auprès des acteurs de l'eau. Une preuve qu'une représentation structurée de la jeunesse est possible.
Découvrir le PFJEDes parlements de jeunes en bassin
Artois-Picardie et Rhin-Meuse ont ouvert la voie avec des parlements de jeunes pour l'eau à l'échelle du bassin, associés aux travaux des instances locales.
Voir nos antennesDes jeunes dans les instances officielles
Une place a été faite à la jeunesse au Comité national de l'eau, ainsi que dans les comités de bassin Artois-Picardie, Adour-Garonne et Loire-Bretagne. Des brèches réelles, encore trop peu nombreuses.
Comment ça fonctionneEN FRANCE
La gouvernance française de l'eau
La France ne gère pas l'eau par région administrative, mais par grands bassins hydrographiques : sept territoires métropolitains dessinés par les fleuves, auxquels s'ajoutent cinq bassins d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte). Chacun dispose d'un comité de bassin — souvent appelé « parlement de l'eau » — qui réunit les acteurs du territoire et oriente la politique de l'eau, aux côtés de l'agence ou de l'office de l'eau qui la finance.
Bassins d'outre-mer
Survolez, cliquez ou naviguez au clavier sur un bassin pour afficher son périmètre, son agence de l'eau et la place qu'y occupe la jeunesse. Contours simplifiés à des fins de lisibilité.
C'est à l'échelle de ces bassins que se décide une grande partie des politiques de l'eau en France.
GOVERNANCE INTERNATIONALE & EUROPÉENNE
L'eau ne s'arrête pas aux frontières
La gestion de l'eau dépasse les territoires nationaux. Des cadres de coopération internationaux et européens fixent les règles, les objectifs et les outils pour préserver la ressource. Comprendre ces échelons, c'est mieux saisir où la jeunesse peut prendre sa place.
- Nations uniesAgenda mondial
- Union européenneDirectives contraignantes
- État françaisTransposition & police de l'eau
- Bassins hydrographiquesMise en œuvre locale
01 — ÉCHELLE MONDIALE
L'action onusienne sur l'eau
L'action des Nations unies sur l'eau est partagée entre plusieurs agences et programmes. Le Programme hydrologique intergouvernemental de l'UNESCO (PHI) en constitue le pilier scientifique : il coordonne la recherche, le partage des connaissances et l'éducation sur l'eau à l'échelle mondiale.
02 — ÉCHELLE EUROPÉENNE
La gouvernance européenne de l'eau
La gouvernance de l'eau au niveau européen est l'une des plus intégrées et structurées au monde. Elle s'articule principalement autour de la Directive-Cadre sur l'Eau (DCE), adoptée en 2000.
Objectif de bon état
La DCE impose aux États membres d'atteindre un « bon état écologique et chimique » de toutes les masses d'eau : rivières, lacs, nappes souterraines et eaux côtières.
Gestion par districts
L'Europe impose de découper le territoire selon les limites naturelles des bassins versants, et non selon les frontières politiques.
Plans de gestion
Chaque district doit réviser et publier tous les 6 ans un Plan de gestion de district hydrographique (PGDH) détaillant les mesures concrètes.
03 — ÉCHELLE DES FLEUVES
Coopération pour les grands fleuves transfrontaliers
Pour les fleuves qui traversent plusieurs pays — comme le Rhin ou le Danube — les États doivent se coordonner pour établir un plan de gestion unique. Des commissions internationales assurent cette diplomatie technique : la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR) ou la commission pour le Danube, qui unissent pays membres et non-membres de l'UE.
04 — RÈGLES SECTORIELLES
Directives sectorielles complémentaires
La DCE est complétée par des directives sectorielles qui précisent les règles de protection et d'usage de l'eau.
- Eau potable : critères de qualité stricts pour l'eau du robinet et approche par les risques.
- Eaux résiduaires urbaines : encadrement du traitement et de l'assainissement des eaux usées.
- Nitrates : règles ciblant les pollutions d'origine agricole pour protéger les nappes phréatiques.
- Pesticides : limitation des substances actives dans les eaux pour préserver la biodiversité aquatique.
Les acteurs clés de la gouvernance européenne
Commission européenne
Gardienne des traités
Elle contrôle l'application des directives européennes et peut engager des procédures d'infraction contre les États membres en retard de mise aux normes.
Agence européenne pour l'environnement
Centre de données scientifiques
Basée à Copenhague, l'AEE centralise les données scientifiques et publie les rapports de suivi de l'état des eaux en Europe.
Cour de justice de l'UE
Arbitre des litiges
La CJUE tranche les contentieux entre États, institutions ou citoyens, et sanctionne les manquements au droit de l'eau.
À L'INTERNATIONAL
Et à l'échelle internationale ?
La gouvernance mondiale de l'eau ne repose pas sur une assemblée unique, mais sur une série de grands rendez-vous où s'écrit l'agenda commun. La jeunesse y est de plus en plus visible — mais rarement associée aux décisions elles-mêmes.
World Water Week
Stockholm — chaque année
Organisée par le Stockholm International Water Institute (SIWI), c'est le principal rendez-vous mondial annuel sur l'eau. Décideurs, chercheurs, entreprises et société civile y confrontent leurs analyses. Les jeunes y sont de plus en plus présents, mais surtout dans des espaces qui leur sont réservés.
Les Forums mondiaux de l'eau
Tous les trois ans, sur un continent différent
Le plus grand espace de dialogue multi-acteurs sur l'eau : États, collectivités, bailleurs, entreprises et associations. Des processus jeunesse y existent, mais leurs conclusions n'engagent pas les décisions politiques adoptées en parallèle.
Les Conférences des Nations Unies sur l'eau
New York 2023, prochaine échéance 2026
Le plus haut niveau de discussion intergouvernementale sur l'eau : c'est là que se fixe l'agenda mondial. La jeunesse y intervient par des délégations et des engagements volontaires, sans siège structurel dans la négociation.
Même dans ces espaces, la représentation structurelle de la jeunesse reste insuffisante : une présence visible ne vaut pas un siège à la table des décisions.
NOTRE DEMANDE
Une place pleine et entière, à toutes les échelles
Du comité de bassin à la Conférence des Nations Unies, le même schéma se répète : les jeunes sont consultés, rarement associés. Nous demandons des sièges identifiés, un mandat clair et les moyens de l'exercer — pour que la génération qui héritera des conséquences participe aux décisions qui les produisent.
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